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Friday, March 27, 2026

Le développeur EnR EH2 fait le pari de l'ancrage local maximal

Stratégie Data & GouvernanceServices & Intégration
Le développeur EnR EH2 fait le pari de l'ancrage local maximal
Autoconsommation, co-développement et gouvernance partagée EH2, développeur d'énergies renouvelables lyonnais, fait de l'ancrage territorial sa marque de fabrique. A l'heure des incertitudes sur le soutien national aux renouvelables, il mise sur sa proximité avec les collectivités locales et les consommateurs industriels pour tenir le cap. 

80 MW en service 

Avec un effectif de 19 personnes, l'entreprise ferait presque office de Petit Poucet dans les renouvelables. Ses fondateurs Mathieu Van Haesebroeck et Julien Chaumont sont tout de même présents dans le secteur depuis respectivement 2004 et 2008. D'abord à la Compagnie nationale du Rhône (CNR) tous les deux. Puis en créant Egrega ensemble en 2015, ciblant les collectivités, et Homet Energies en 2018, destinée aux entreprises. 

Ces deux entités ont fusionné fin 2025 pour former EH2 Opérations. L'ensemble revendique 80 MW en service, surtout du solaire au sol, sur toiture ou ombrière. L'entreprise est aussi présente dans l'éolien, mais n'a mis en service qu'un seul parc pour l'instant, de 17 MW en 2023 dans la Loire. La fusion de ses deux filiales répond à un constat : la transition énergétique va désormais réunir dans des problématiques analogues tous les acteurs d'un territoire donné, collectivités comme entreprises. 

Montages public-privé 

Concernant les entreprises, EH2 est jusqu'ici surtout positionnée sur l'autoconsommation individuelle, éventuellement en tiers-investisseur. Avec les collectivités, la stratégie repose tout particulièrement sur la co-construction des projets, en termes capitalistique et de gouvernance. « Notre démarche commence par une étude technico-économique du potentiel d'un territoire, expose Mathieu Van Haesebroeck. Dès le départ, cette étude se projette dans un possible développement du projet, y compris ce qu'il signifierait économiquement. Nous y passons beaucoup de temps. Tout de suite après, se pose la question du tour de table. » Les collectivités peuvent devenir actionnaires majoritaires ou minoritaires de la société de projet, la détenir en intégralité ou ne pas investir du tout. Dans ce dernier cas, elles sont tout de même intégrées à la gouvernance, régie par un protocole dans lequel toutes les décisions sont prises à l'unanimité. « Nous poussons à ce que ce tour de table soit construit très tôt « , abonde Julien Chaumont. 

A titre d'illustration, le parc éolien construit dans la Loire a été développé par EH2 avec un portage à 100% public : il est détenu à 80% par Roannais Agglomération et 20% par le fonds régional d'Auvergne Rhône Alpes Oser. Faut-il y voir un facteur d'acceptabilité ? « Nous n'avons pas eu de problèmes de recours», signale Mathieu Van Haesebroeck. Autre exemple plus récent, dans la Drôme, la communauté de communes du Val de Drôme 
(CCVD) a délibéré favorablement en janvier pour un projet solaire au sol de 5 à 8 MW. Il s'agit cette fois d'un montage à trois entités, format privilégié par le développeur car jugé plus équilibré. Le projet sera porté par la CCVD, Oser et EH2. Dans une autre communauté de communes, les Balcons du Dauphiné (Isère), le projet réunira la communauté de communes, EH2 et la SEM Energ'lsère. « Nous allons désormais y consulter toutes les communes une à une pour monter des grappes de projets photovoltaïques», décrit Julien Chaumont. 

Prudence sur la PPE 

Cet ancrage ne l'écarte pas les enjeux nationaux. Les deux dirigeants ne sont pas encore rassurés par la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Le diable se cache selon eux dans les détails de sa mise en œuvre, à commencer par les modalités des appels d'offres. La clause de revoyure en 2027 est aussi une source d'inquiétudes. Interrogés sur les modèles émergents comme l'autoconsommation collective (ACC) et la vente directe aux collectivités via des« Cader », ils se montrent prudents. Même si EH2 a déjà monté deux opérations d'ACC, pointe Julien Chaumont,« nous valorisons surtout l'électricité par injection totale ou en complément de rémunération. Ce que les collectivités cherchent avant tout, c'est produire de l'énergie verte sur leur territoire et bénéficier de retombées financières. » 

Le développeur, qui a accueilli en 2023 deux caisses régionales du Crédit Agricole à son capital, compte- outre 80 MW en service - 50 MW en construction et 320 MW en développement pour un chiffre d'affaires de 3,2 M€ en 2025.